28.5.08

Seine de Danse

Un chouette festival de danse sur le parvis de la Défense qui a eu lieu du 20 au 24 mai.
J'ai rien vu en fait, mais j'ai participé.
Aux Sisyphe d'abord, une performance orchestrée par la chorégraphe Julie Nioche
100 personnes regardant vers l'est tout en sautant sur place pendant 15 minutes sur This is the end des Doors... expérience absurde et épuisante autant qu'enivrante et obsédante. Si je pouvais je le ferais toutes les semaines. Comment aller au bout de ses limites physiques sans autre but que d'illustrer un état de corps et d'émotions produit par le son, et quel son!! 

Et puis j'ai aussi rejoint le projet Partita-s créé par la chorégraphe Erika Zueneli (Cie l'Yeuse), où sept danseurs mêlent leurs déplacements dansés aux déplacements moins dansés des passants du parvis. Où on ne sait plus ce qui relève de l'improvisation, de l'incontrôlé et du chorégraphié. Où on voit l'étonnement des promeneurs qui ne s'aperçoivent pas tout le temps, pas tout de suite, de ce qui se passe autour d'eux, entre eux. 
Cachés parmi la foule de spectateurs et de badauds, on est ensuite une petite dizaine à venir se greffer au groupe de danseurs et à les accompagner dans leur délire. J'aime cet effet de surprise qui peut donner l'impression que tout est possible, même s'incruster dans un spectacle alors qu'on est censé juste regarder de loin, pas toucher. belle expérience encore, sur musique grinçante, électrique!! J'adoooore.



Originally uploaded by Léonore Elbows

17.5.08

Les Instants chavirés

Les Instants Chavirés.... oula! 
Simplement (pour ne pas dire "juste"...) LA meilleure salle de concerts parisienne, et c'est... à Montreuil. En matière de SON, c'est là que ça se passe, sans aucun doute. La crwém de la crwém de l'antipop music international passe ici tous les mois, dans cette mini-salle qui ressemble à une ancienne cave toute pourrie, ou un club de jazz clandestin des années 30 (pour faire plus glamour). Rock'n'roll, noise, électro acoustique, musique improvisée, expérimentale, one again, trafiquée, brutale, minimaliste, etc. Bref, tout ce qui réveille les stimuli.

Le 14 mai, c'était Company Fuck vs Sgure, à savoir un trafiqueur de voix et fabricant de mélodies violentes composées à partir de petits bruits récoltés à droite à gauche, assemblés et passés dans un mixeur puissance 10000, versus un espèce d'alien australien en short rose et cape poubelle de pluie, avec un collant sur la gueule tout du long et qui marmonne et hurle des chansons. À se souvenir : une reprise de George Michael, à gorge perdue. C'est débile, c'est speedé et ça groove, mais c'est du sérieux.

Et puis Aids Wolf. Ils viennent d'où déjà? Ah oui Montréal! ah bah ça alors... (sans commentaire)
Trois mecs avec tignasse et chemises safari, et une fille en combi moulante et cape noires. Eux grattent et tapent, du rythme déconstruit et travaillé, pendant qu'elle gigote en hurlant et chantant, en remuant ses cheveux lisses, noirs aussi. Les morceaux s'enchaînent pendant une demi-heure, puissants, énervés, épuisants... Ils ont la classe. J'ai acheté le badge.

13.5.08

8.5.08

Le doux parfum de Gregor Schneider

ou l'art de l'angoisse. 
Doux parfum c'est un genre de train fantôme pour adulte, sans fête foraine, sans train, sans amis et avec beaucoup de portes.
{attention, les photos ne sont pas de moi, j'avais tout laissé mes appareils électroniques au vestiaire...}
Afin de me mettre tout de suite dans l'ambiance, et après avoir laissé mon sac à dos et autres biens personnels au vestiaire, le gardien d'expo m'ordonne de signer une décharge avant de pénétrer sur les lieux de l'installation que je viens voir. En gros j'accepte en signant d'y accéder à mes risques et périls... chouette. Tout incident -psychologique ou physique- qui interviendrait durant mes déplacements dans le parcours de Gregor Schneider (crise cardiaque, chute, traumatisme émotionnel...) relèvera de ma responsabilité. 
Et histoire d'en rajouter une petite couche, il me demande aussi si je ne suis pas claustrophobe.. "euh.. non...", et si j'ai peur du noir "bah...euh...", enfin il me conseille de garder au moins une main libre pendant ma "visite". Et puis il me montre la porte d'entrée que je devrais franchir seule, comme toutes les suivantes...
Je ne décrirai pas le parcours créé ici par Schneider. Parce que c'est tellement mieux de le vivre.. quand on sait pas ce qu'il y a derrière la porte. Parois, sons, odeurs, lumières? Ou pas. Et puis tout le reste, ce qu'on a dans la tête... Ce qu'on ne voit pourtant pas mais qui nous fait tellement flipper.

J'ai juste cru un moment que mon imagination pourrait avoir raison de moi et que je resterais enfermée là. trop peur d'avancer... mais impossible de reculer. Le noir m'a pétrifiée. 
Et, paraît-il que ce parcours est soft comparé à ceux que Schneider a déjà pu mettre en place auparavant, c'est le gardien qui me dit ça après que j'aie finalement trouvé la porte de sortie. Parce que parfois il faut ramper, escalader, etc. ce couillon travaille sur l'angoisse et pousse parfois le spectateur à dépasser ses limites physiques, tout ça dans des conditions de stress qu'il s'impose lui-même parce qu'il est tout seul dans une putain de maison trafiquée. Je suis donc bien contente qu'ici il se soit juste contenté de tester mes limites nerveuses. J'ai même crié à un moment juste pour tester (ouais ouais)... eh bah personne n'entend de l'extérieur. héhé.
Pour faire un parallèle parlant, je dirais, en guise de résumé, qu'en matière de cinéma il y a Michael Haneke et ses jeux marrants (voir plus bas), et qu'en art il y a dorénavant Gregor Schneider et ses douces installations. Deux maîtres de l'angoisse, plus flippant que n'importe quelle vision d'horreur. Parce qu'ici le pire c'est qu'il n'y a rien à voir. 
Et c'est ça qui est fort, nom d'un lama de la Pampa. Sans rien nous montrer, ils nous suggèrent le summum de l'inquiétude. La pire des tortures, celle qu'on s'inflige tout seul grâce à tous nos tiroirs dans la tête. 
Moi je dis, vive l'expérience en art, ça vaut toutes les performances pseudo trash, genre glauques et sanguinolantes ou scato ou crado tout ce que tu veux, à la Gina Pane etc., qui ponctuent le monde de l'art depuis les années 70. D'ailleurs pas plus loin que dans la même maison rouge on trouve une deuxième expo, celle de Pilar Albarracin, une Sévillane qui aime bien se faire saigner. Bah là ça fait ni chaud ni froid, on se dit juste qu'elle doit se faire mal.
Allez jvais prendre l'air.

Sophie Calle prend soin d'elle

Faire d'une rupture une œuvre d'art. Rendre publique une affaire plus qu'intime. C'est osé... tout le monde pourrait s'en foutre surtout, mais Sophie Calle se plaît à exacerber notre côté voyeur, d'une manière infiniment plus fine que celle de Jean-Luc Delarue. Elle puise son inspiration dans ses histoires amoureuses et ne s'en cache pas. Mais ce sont plutôt ses chagrins qui alimentent son travail. ça pourrait être super chiant! Parce que n'est-ce pas là le principe de base de l'inspiration artistique? La création comme exutoire, comme remède au cœur brisé.

Pour Prenez soin de vous, Sophie Calle a recruté une armada de 107 femmes, âge et activité professionnelle confondus, pour l'aider à interpréter ce message de rupture si ambigu que le fameux X. (ou G. pour les intimes...) lui a envoyé pour mettre fin à leur relation. Je suis restée 3 heures, vrai de vrai! Et pourtant j'aime pas l'art, ni les expos, ni les bibliothèques... euh nan, ça c'est faux ^_* 
C'est qu'ici il y a le cadre déjà, un lieu magique : une salle de lecture de la BNF Richelieu, vidée de ses livres. Et puis ce brouhaha quand on entre... plein de petites voix indiscernables, à la fois rassurantes et inquiètantes, les mêmes que celles qui nous parlent quand on se sent seul. La première impression est envoûtante, tout simplement. 
Le reste pourrait être un peu rébarbatif, mais il y a un truc qui fait qu'on a envie de tout lire, de tout voir, qu'on est curieuse de savoir ce qu'elles en pensent toutes ces dames du monde, psychologues, médecins, écrivain, graphologue, commissaire de police, journaliste, étudiante, etc. Parce qu'évidemment on se reconnaît toutes dans cette démarche de demander conseil à la gente féminine en cas de coup dur sentimental. Même si chaque histoire est différente. et chaque personne aussi. Et c'est là peut-être le reproche que j'aimerais faire, car c'est immanquable, dès qu'on parle de rupture à des femmes, les généralités fusent à un moment ou un autre. Christine Angot, l'une des 107 femmes, met d'ailleurs Sophie Calle en garde à ce sujet, et c'est la seule qui le fait... attention à ne pas toujours vouloir leur couper les couilles à nos pauvres hommes. Le tourment amoureux n'est pas réservé aux femmes. Le doute est mixte. D'ailleurs on dit "le doute m'habite" même quand on est une femme... Pardon pour les digressions un peu hasardeuses.
Ceci dit j'ai beaucoup aimé la remarque toute en délicate franchise de "l'ado" toujours à propos de X. : "il se la pète". C'est vrai qu'il se la raconte un peu avec ses phrases à la mords-moi l'nœud (ça s'écrit comment????).
Sinon, il est important de noter que la moitié (peut-être même plus) de ces 107 femmes sont des stars. Que du beau monde! Leurs réactions à la lecture de ce message de rupture sont filmées, parfois mises en scène. Souvent douteuses ou sans intérêt, certaines sortent malgré tout du lot... Laurie Anderson, Peaches, Feist, Poney P (chanteuse pétrochimique des George Leningrad), une chanteuse de tango, une clown et Victoria Abril... l'Espagne et le rock'n'roll ya qu'ça d'vrai!  Aux chiottes Arielle Dombasle, Elsa Zylberstein et Guesh Patti. Et grosse déception, Mireille Dumas, LA professionnelle de la vie privée, n'a pas été conviée à donner son avis! 

Ah oui, et pour l'anecdote, dans le chouette court-métrage de Laetitia Masson réalisé pour l'occasion, la voiture qu'on voit c'est celle de Sophie Calle. Je le sais parce que jlai vue en vrai...

30.4.08

Funny Games

Un rude divertissement. 
Funny Games US de Michael Haneke. Apparemment un peu plus soft que la version autrichienne, ouf! 
Je reste pourtant traumatisée. C'est la première fois que je me demande si les acteurs sont toujours vivants.

Sidi-Larbi Cherkaoui et Akram Khan sont dans un bâteau

Ils tombent tous les deux à l'eau... Mais Akram Khan se cogne avant de se noyer.

Sacred monsters de Akram Khan avec Sylvie Guillem.
Deux monstres sacrés de la danse qui se la racontent un peu trop au Théâtre des Champs Elysées prout prout ma chère.
Un peu de danse, beaucoup de blabla, quelques jolies choses, mais globalement trop de bruit pour rien. C'est mouuuuuuu et un peu spirituel en plus (mais Sylvie Guillem fait bien Shiva!).



Origine de Sidi-Larbi Cherkaoui {Celui qui m'a fait découvrir la danse et ses merveilles}.
Ici, un joli quatuor mixte représentant les quatre coins du monde de par leurs origines, du Nord au Sud. Des chants médiévaux revus à l'oriental, magnifiques. Un chouette manteau de fourrure frénétiquement utilisé. Un joli passage où le Japonais, Kazutomi Kozuki,  joue à l'homme-objet invisible duquel découlent les mouvements de la danseuse-contorsionniste, Shawn Mothupi, tout en fluidité et ubiquité. Une romance des gestes quotidiens. Mais le tout trop éparpillé et anecdotique. là encore je reste sur ma fin. 
Angry very angry, but still hungry.

24.4.08

George Rousse, le photographe magicien

Une expo à voir tout de suite! 
George Rousse à la Maison Européenne de la Photo.
Photographe hors-norme créant des installations éphémères dans des lieux souvent voués à être détruits qu'il prend ensuite en photo. Non ce ne sont pas  des constructions numériques, mais des "immortalisations" d'effets d'optique qu'il a su re-créer dans le réel. Que des grands formats à voir de loin comme de près, parce que la réponse est dans la photo... Tout est réfléchi, les couleurs, la lumière, autant que les lieux et paysages choisis et l'angle de vue. C'est beau, mais attention ça peut provoquer des attaques mentales! Putain une croix blanche en lévitation dans un entrepôt, un cercle de feu qui tient debout sur le parvis d'un temple, etc, etc. 
La magie est partout! oui oui. Tout est une question de point de vue.

16.4.08

I believe in Preljocaj

Chose promise chose due. Voilà le bilan Angelin Preljocaj 2008.
En l'espace de 2 mois, j'ai pu assister à 3 soirées orchestrées par l'un des plus géniaux des chorégraphes contemporains de la sphère mondiale.
Tout est bon dans le ballet Preljocaj, rien à redire, RIEN. 
C'est calé au centimètre près, avec des danseurs parfaitement professionnels, jusqu'au bout de la pointe. C'est décalé aussi, ça se la joue pas, c'est folklorique, acrobatique parfois, mais toujours gracieux, rythmé, harmonieux. Il tente tout et réussit à chaque coup, pas un spectacle qui se ressemble. Même dans ses choix de musique, classique ou contemporaine, il arrive à faire des trucs pas possibles... 
Dans Eldorado (vu au Théâtre de la Ville le 28 février dernier), par exemple, il a choisi d'illustrer sa chorégraphie par du Stockausen (quasi inaudible si on l'écoute chez soi surtout si on se sent un peu contracté); ça dure une heure quand même! 
Et pourtant on l'atteint ce foutu pays doré, guidés par des shiny happy people qui, bien qu'ils dansent en slip kangourou, ressemblent à des genres de dieux grecs. En duo, en trio, tous ensemble, en arabesques et en sauts de chamois élancés, ils sont tous tout le temps synchronisés, ils tremblent jamais, ça fout des frissons et c'est surtout magnifique.

Ensuite il y a eu Les 4 saisons aussi. Vu au Théâtre du Châtelet dans le cadre d'une soirée en faveur d'AIDS le 27 mars dernier. 
pffffffwwouaaaaaah. 
La perfection faite danse sur Vivaldi en plus. ça a un goût de barbe à papa, c'est coloré, déguisé, acidulé. ça pourrait faire penser à du Découflé mais en mille fois plus subtil et la mégalomanie en moins. C'est fou, juste ce qu'il faut. Ils font même un numéro de cordes à sauter, trop chouette. Quand des danseurs sautent à la corde, c'est léger et dérisoire à la fois, pointes tendues et mains virevoltantes, c'est comme s'ils se moquaient d'eux-mêmes tout en ayant la classe suprême naturellement.

Et puis ce soir, au CND, j'ai revu Annonciation (déjà en première partie de Eldorado, avec Centaures, un duo masculin impressionnant de précision, mythologique, mythique, je crois en Preljocaj). Comme son nom l'indique, le thème est clair. Alternance de musique classique (Magnificat de Vivaldi; encore lui, religieusement vôtre, c'est sublime) et de musique électroacoustique (Crystal Music de Stéphane Roy) qui claque sa mère!!! c'est 2001 L'Odyssée de l'espace. Deux femmes, une danse puissante, aussi douce que rude. L'Annonciatrice arrive à pas de loup, puis d'un coup ses mouvements se font secs, carrés, tendus, violents, musique aux rythmes électriques et court-circuités, elle se déplace comme la Mort vers sa proie, précise, directe, envoûtante, irréelle. Je voudrais danser comme ça dans ma prochaine vie. Elle vise le ventre de Marie en gestes doux. Elles sont aimantées, c'est tragique. Attraction et rejet, l'une épuise l'énergie de l'autre, et s'en va froidement. Plus didactique que n'importe quelle messe, en plus d'être beau.

La pièce qui suit, Larmes Blanches, a seulement 2 ans de moins que moi. En témoigne le look très eighties des 4 danseurs===== 2 femmes, 2 hommes en chemise à jabot et pantalon de cuir pour une chorégraphie saccadée de pantins déguisés en torédaors qui tentent de se séduire sur un air de clavecin. ça paraît ptetr pas comme ça mais c'est super class! Et même pendant le silence des premières minutes, tout est calé, synchronisé, parfaitement précis. c'est majestueux! (jvais commencer à être à court d'adjectifs...).

Et enfin Noces, ballet de 1989, qui fait état d'un des autres thèmes récurrents d'Angelin Preljocaj, en plus de la myhtologie et de la religion, c'est l'amour et la séduction. C'est de là que vient la danse non??  Six couples, des robes de mariée, des bancs, un joli bazar (organisé toujours) qui tournoie dans tous les sens. On se courtise, on se repousse pour mieux se rejeter dans les bras l'un de l'autre, on se trompe, on s'embrasse, tendresse et hésitations, possessivité et ivresse, c'est la danse de l'amour, la parade nuptiale concave-convexe, forte de sensations, toute en susceptibilité. C'est folklorique, joyeux et triste, comme un film d'Emir Kusturica.
Je retiens le "jet de femmes". Du haut des bancs, elles se jettent l'une après l'autre dans les bras de leurs hommes qui les rattrapent de justesse pour finalement les laisser rouler par terre loin d'eux. Ils auront essayé!

13.4.08

Thee Silver Mt Zion & Tra-la-la band orchestra - La Maroquinerie

ou comment avoir des frissons et les larmes aux yeux dans une salle où il fait 30 degrés et sans même avoir de la fièvre.
Voilà une des raisons qui me poussent vers Montréal... les cordes et les chœurs des sept Canadiens de Silver mt Zion. 
Première partie : Berg sans Nipple, une batterie, un sample / boîte à rythmes, un peu de chant, ça percussionne efficacement, ça pulse les entrailles.


http://www.tra-la-la-band.com/

http://www.myspace.com/thebergsansnipple